« La solidaritĂ© nâest pas un supplĂ©ment dâĂąme, câest un devoir de RĂ©publique. »
â Pierre Hurmic
Le tribunal administratif de Bordeaux vient de condamner lâĂtat Ă verser 8 537,82 ⏠au Centre communal dâaction sociale (CCAS) de la Ville de Bordeaux pour avoir dĂ» se substituer Ă ses obligations en matiĂšre dâhĂ©bergement dâurgence.
âïž Une victoire symbolique mais essentielle
Entre 2020 et 2023, le CCAS a pris en charge des familles et des personnes laissées sans solution par un dispositif national sous-dimensionné.
La dĂ©cision du 4 novembre 2025, rendue par la 5á” chambre du tribunal, reconnaĂźt la carence fautive de lâĂtat pour une partie des situations recensĂ©es :
« Toute personne sans abri en situation de dĂ©tresse mĂ©dicale, psychique ou sociale a accĂšs, Ă tout moment, Ă un dispositif d’hĂ©bergement d’urgence. »
(Article L.345-2-2 du Code de lâaction sociale et des familles)
Le jugement prĂ©cise que lâĂtat doit rembourser les dĂ©penses engagĂ©es par la Ville pour supplĂ©er ses carences, notamment pour les hĂ©bergements prolongĂ©s de familles et de personnes vulnĂ©rables.
đïž Bordeaux, fidĂšle Ă sa ligne de solidaritĂ©
Depuis plusieurs annĂ©es, la Ville agit par conviction : personne ne doit ĂȘtre laissĂ© sans solution.
Mais cette décision rappelle une évidence : la solidarité ne peut pas reposer uniquement sur les collectivités locales.
LâĂtat doit refonder et financer Ă hauteur les dispositifs dâaccueil dâurgence, adaptĂ©s Ă la rĂ©alitĂ© des territoires.
En janvier 2025, la Nuit de la Solidarité recensait encore 392 personnes sans abri dans les rues de Bordeaux, 245 dans des bidonvilles et 124 dans des squats.
La situation sâaggrave, et le jugement du tribunal rĂ©sonne comme un appel Ă la responsabilitĂ© nationale.
đ§ïž Un signal fort pour la dignitĂ© humaine
Ce jugement nâefface pas les souffrances vĂ©cues, mais il affirme un principe fondamental :
đ LâhĂ©bergement dâurgence nâest pas une option, câest un droit.
đ Lire la dĂ©cision intĂ©grale sur le site du Tribunal administratif de Bordeaux